Violences éducatives ordinaires et conséquences neurologiques

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Face aux mauvais comportements des enfants, beaucoup de parents choisissent de recourir à l’agression verbale et physique. Les négligences et privations que nous affligeons à nos progénitures, qu’elles se manifestent sous la forme physique ou verbale, sont souvent sources de troubles psychologiques (parfois) imperceptibles au quotidien. Entre les cris, les gifles, les chantages et le manque de communication, les violences éducatives ordinaires (VEO) ont des impacts négatifs sur le développement personnel de nos enfants. 

Des actes aux antipodes des consignes positives.

Les différentes formes de violences éducatives ordinaires

Les violences éducatives ordinaires se présentent sous plusieurs formes :

  • Les violences physiques : tirer les cheveux, donner une fessée, pincer, gifler, taper avec la main ou un bâton, tirer les oreilles, etc.
  • Les négligences et privations : privation d’affection, de nourriture, de communication, d’échanges, de partage ou encore de soins.
  • Les violences verbales : hurlement, cri, etc.
  • Les violences psychologiques : isolement (voir notre article "pas d'écran avant 3 ans") , chantage, menace d’abandon, moquerie, dénigrement, retrait d’affection, humiliation, culpabilisation, etc.

Les conséquences de la violence éducative sur le développement des enfants

Les différentes sortes de violence éducative infligées aux enfants troublent leurs mécanismes d’apprentissage. Sous l’agressivité des parents, certains enfants deviennent aussi agressifs envers autrui (amis, famille voire enseignants). Ils développent des impulsions violentes et réagissent de manière irréfléchie face aux situations problématiques.

Qu’elles soient d’ordre physique ou psychologique, les violences éducatives ordinaires envers les enfants peuvent compromettre leur confiance et estime de soi. Elles peuvent également avoir de lourdes conséquences sur leur comportement à l’âge adulte. Hanté par les maltraitances dont ils ont été victimes durant leur enfance, ils peuvent développer une impression d’impuissance face à certains dangers à l’âge adulte. 

Pour justifier des comportements violents, certains parents s’appuient sur leur expérience du passé. La violence éducative devient légitime dans certaines familles qu’elle devient automatiquement l’arme idéale pour bien élever les enfants. N’ayant pas été capable de réagir à certaines pratiques violentes auxquelles ils ont été soumis, ces parents infligent à leurs enfants une culpabilité punitive. Le risque d’être automatiquement dévalorisé par ses enfants s’accroît. Les enfants s’endurcissent et leur insensibilité peut générer davantage de violences chez les parents. Plus tard, ils deviendront également des parents violents.

Le cerveau d’un enfant est similaire à un disque dur qui enregistre toutes les informations de manière instantanée et pour une période éternelle. Ces informations l’aide à se construire et s’impriment dans leur cerveau tel un modèle à suivre. Ce que les scientifiques appellent « plasticité neuronale » définit le comportement d’un enfant à l’âge adulte. Les blessures et fractures enregistrées dans son cerveau amène l’enfant à s’en prendre à lui-même et aux autres.

Généralement, les différentes formes de dépendance, phobie et crises de panique sont les conséquences directes des violences éducatives ordinaires subies durant l’enfance. Certains événements traumatiques peuvent même provoquer des hallucinations voire la schizophrénie chez certains individus. L’adulte recherche alors quelque chose d’autre sur laquelle s’accrocher : l’alcool, la drogue, le sexe, la nourriture, la violence, les conduites à risque, etc.

Par ailleurs, la violence éducative ordinaire n’entraîne pas que la violence. Elle peut également engendrer la peur. Une peur intense qui se concentre dans l’amygdale de l’enfant. Lorsqu’il subit une violence physique ou psychologique, les neurones de l’enfant s’inondent de cortisol qui active le centre de sa peur. Pourtant, la peur paralyse l’enfant et l’empêche de développer son centre d’apprentissage. Lorsque la peur s’étale sur une période importante de la vie d’un enfant, elle peut entraîner des troubles psychologiques à l’âge adulte. 

Dans certains cas, une prise en charge familiale s’impose pour aider l’enfant à surpasser les situations de violences auxquelles il fait face, et améliorer sa relation avec ses parents.


Voir l'article sur la loi anti-fessé

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